Perspectives du marché crypto : 2e trimestre 2026 et 1er trimestre 2027


Jeremy Baumann
Chief Investment Officer
La vue d’ensemble
Le monde est submergé de dettes. Les gouvernements et les entreprises ont emprunté plus que jamais, et une énorme vague de refinancement arrive dans les prochaines années. En parallèle, la quantité de liquidités disponibles dans le système financier pour absorber ce choc commence à ralentir. Quand la dette continue de croître mais que les ressources pour la soutenir stagnent, des déséquilibres apparaissent. Cette tension explique en grande partie ce qui se joue aujourd’hui sur les marchés.
À cela s’ajoute la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a retiré une part importante de l’approvisionnement énergétique mondial. Les prix du pétrole ont fortement augmenté, et l’impact dépasse largement le carburant : plastiques, engrais, transport et alimentation sont touchés. L’inflation repart à la hausse, au moment même où les banques centrales espéraient baisser les taux d’intérêt. Résultat : un équilibre fragile. L’économie a besoin d’un coût de l’argent plus faible, mais la hausse des prix complique cette trajectoire.
Ce que cela signifie pour la crypto
Les prix des cryptoactifs sont principalement influencés par la liquidité, c’est-à-dire les flux d’argent dans le système financier mondial. Aujourd’hui, les signaux sont contrastés. Certains indicateurs atteignent des niveaux records, suggérant que le pire est peut-être passé. D’autres montrent un système sous tension, encore fragile.
Ce décalage raconte une histoire claire : nous sommes dans une phase de transition. La direction n’est pas encore définie.
Bitcoin a déjà intégré dans ses prix une récession qui ne s’est pas matérialisée. Il s’échange bien en dessous des niveaux suggérés par la liquidité globale. Historiquement, cet écart finit par se refermer, parfois très rapidement. Pour les investisseurs patients, avec un horizon de 6 à 12 mois, le rapport risque-opportunité est particulièrement intéressant.

Pourquoi nous détenons ces actifs
Bitcoin : une protection contre la dévalorisation monétaire
La dette mondiale devrait atteindre 65 000 milliards de dollars de besoins de refinancement d’ici 2030. Face à un tel niveau, une seule issue : l’inflation. Les États vont créer de la monnaie, dévaluer les devises et laisser l’inflation réduire la valeur réelle de leurs dettes. Les alternatives sont limitées.
Dans ce contexte, il devient essentiel de détenir des actifs qui ne peuvent pas être créés à volonté : l’or, Bitcoin, et l’immobilier de premier choix.
L’or a déjà réagi en atteignant des sommets historiques. Bitcoin suit la même logique, adaptée à une génération digitale, avec un avantage clé : il est programmable, portable et accessible à toute personne connectée à internet. À mesure que la dévalorisation monétaire s’accélère, l’intérêt pour les actifs tangibles ne fait que croître. Bitcoin n’est pas une simple spéculation. C’est une forme d’assurance face à l’érosion inévitable des monnaies fiduciaires.

Ethereum et Solana : les nouvelles infrastructures financières
Chaque jour, le système financier traditionnel traite des milliers de milliards de dollars, mais repose sur des infrastructures anciennes. Les règlements prennent du temps. Les processus sont souvent manuels. Les coûts, surtout à l’international, restent élevés.
Ethereum et Solana construisent une alternative.
Les stablecoins, des dollars numériques opérant sur ces blockchains, sont déjà le segment à la croissance la plus rapide de l’écosystème crypto. Plus de 300 milliards de dollars y sont aujourd’hui enregistrés, avec une croissance cinq fois supérieure à celle du reste de la finance décentralisée. Les grandes institutions financières ne se demandent plus s’il faut aller on-chain. Elles se demandent sur quelle blockchain construire.
La prochaine étape va encore plus loin. Les agents d’intelligence artificielle, capables d’exécuter des transactions, d’acheter des données et de gérer des contrats de manière autonome, ont besoin d’un système financier programmable. Le système bancaire traditionnel n’a pas été conçu pour cela. Ethereum et Solana, oui.
Quand les utilisateurs ne sont plus seulement humains, mais aussi des machines, le marché potentiel devient quasi illimité.
Détenir ETH et SOL aujourd’hui, ce n’est pas simplement parier sur un prix. C’est investir dans l’infrastructure sur laquelle reposera la finance de demain.
Où nous en sommes
À court terme, l’environnement reste complexe. Les prix de l’énergie sont élevés, les taux d’intérêt incertains et la volatilité importante. Nous en sommes pleinement conscients.
Mais en dessous de la surface, les conditions d’un nouveau cycle haussier se mettent en place : des niveaux de liquidité globaux record, un sentiment de marché très négatif (souvent un signal d’achat contrariant), et des cryptoactifs valorisés bien en dessous de leurs fondamentaux.
Nous accumulons avec discipline. L’excès de spéculation a été purgé. Ce qui reste, ce sont des infrastructures plus solides que jamais.
Sur un horizon plus long, le système monétaire mondial semble évoluer vers deux blocs : un système oriental adossé à l’or et un système occidental soutenu par les stablecoins. La crypto est au cœur de ce second modèle.
Détenir des actifs crypto aujourd’hui, ce n’est pas seulement une opportunité de marché. C’est se positionner pour l’architecture monétaire de la prochaine décennie.
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