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Binance Smart Chain vs Ethereum : Quelle sera la meilleure plateforme pour les applications décentralisées ?

26 avril 2022

Binance Smart Chain vs Ethereum
Victor Ugochukwu, membre de la DAO

Victor Ugochukwu

Membre de la DAO

Cela fait déjà bien longtemps que les discussions sont âpres : qui de la Binance Smart Chain (BSC) ou d’Ethereum s’imposera comme la meilleure plateforme pour les applications décentralisées ? Pour l’instant, aucune réponse claire ne peut être donnée. Pourquoi ? Sont-elles si similaires ? Sont-elles complémentaires ? La BSC et Ethereum sont-elles si similaires ? Ou bien l’une existe-t-elle seulement en tant que soutien de l’autre ?

Cet article couvrira ces sujets, parmi d’autres, et vous aidera à choisir la plateforme de développement d’applications décentralisées qui vous correspond le mieux.

Avant toute chose, intéressons-nous à ce que sont la BSC et Ethereum.

Qu’est ce qu’Ethereum ?

Ethereum est un nom bien connu dans le monde des cryptomonnaies. Il l’est tellement qu’il n’est peut être même pas nécessaire de préciser que le seul cryptoactif qui bat Ethereum en termes de valeur de marché est le Bitcoin.

La plateforme Ethereum est fondée sur la technologie de la blockchain, et c’est pour cette raison qu’elle est aussi sûre. Elle dispose d’une monnaie native, l’Ether (ETH), qu’on retrouve dans de nombreux portfolio, aussi bien chez les débutants que les experts.

Ethereum est connue pour l’accès qu’elle donne aux programmes appelés contrats intelligents, qui ont été originellement créés sur celles-ci et auparavant conceptualisés par Vitalik Buterin, l’un des cofondateurs d’Ethereum. Ces contrats intelligents, lorsqu’on les combine avec la technologie de la blockchain, sont utilisés pour mener à bien des opérations de finance décentralisée (DeFi) et, bien sûr, pour utiliser et développer des applications décentralisées (dApps).

Au vu de l’ensemble des possibilités qu’elle offre, Ethereum est très utilisée, et cela provoque une forte congestion et des frais de gaz élevés. Les frais de gaz, non négligeables, et des problèmes de scalabilité constituent les deux principales raisons pour lesquelles ETH 2.0 est désormais en cours de développement. Il s’agit d’une version améliorée de la blockchain Ethereum, qui pourra supporter jusqu’à 100 000 TPS. Ces deux problèmes ont également engendré la création d’entreprises concurrentes, telles que la Binance Smart Chain.

Qu’est ce que la Binance Smart Chain ?

La BSC a été révélée au grand public en avril 2020, et officiellement lancée en septembre de la même année, alors que se produisait le “DeFi summer” (l’été de la DeFi), ainsi nommé car les options de DeFi proposées sur Ethereum se sont développées de manière hors norme à cette époque.

L’objectif affiché de la BSC était de constituer un réseau qui serait compatible avec la “Ethereum Virtual Machine” (EVM, machine virtuelle d’Ethereum). Le but de cette compatibilité était de permettre aux développeurs de facilement transférer leurs applications depuis Ethereum vers le réseau et de profiter ainsi de frais de transaction réduits et de temps de confirmation plus courts. Une fois cet objectif déclaré, la BSC est entrée en concurrence directe avec Ethereum, concurrence dont nous observons aujourd’hui les tenants et aboutissants.

Afin d’attirer davantage encore de développeurs de la DeFi, le CEO de Binance, Changpeng “CZ” Zhao, a annoncé la création d’un fonds d’amorçage de 100 millions de dollars pour le développement d’applications décentralisées sur la BSC.

Alors que Ethereum régnait en maître sur les protocoles principaux de la DeFi, la BSC s’est progressivement immiscée en capturant des parts de marché. L’un des exemples qui confirme le phénomène est le record battu par la BSC le 21 novembre 2021 : plus de 16 millions de transactions ont été effectuées sur la chaîne ce jour-là alors que, dans un même temps, Ethereum n’enregistrait qu’un peu plus de 1,2 millions de transactions.

Bien qu’impressionnante, cette ascension de la BSC ne lui a pas évité les critiques : nombreux sont ceux qui ne voit en elle qu’une pâle copie d’Ethereum (la BSC est une fork de Geth, un client d’Ethereum) qui se contente d’offrir les mêmes services d’hébergements de dApps aux développeurs en tant que “Layer 1” (“L1”, couche 1).

Ethereum a été la première plateforme de contrats intelligents à permettre aux développeurs de personnaliser les dApps et d’offrir aux utilisateurs diverses applications financières. En tant que telle, elle bénéficie d’une communauté qui croit fermement en sa supériorité vis-à-vis de sa concurrente directe, qui lui est décidément bien semblable. Les nombreux défenseurs de la BSC pensent bien entendu le contraire.

Quelles sont les similarités et différences entre ces deux plateformes ?

Le trilemme de la scalabilité

Lorsqu’il s’agit de déterminer à quel point une blockchain est concurrentielle, il faut considérer trois points majeurs : sa vitesse d’exécution, les coûts induits et la sécurité qu’elle propose. C’est ce qu’on appelle le trilemme de la scalabilité.

Si nous considérons la vitesse d’exécution, la BSC gagne haut la main : trois secondes seulement sont nécessaires pour la création d’un bloc, alors que pour Ethereum, il faut compter 14 secondes.

Au niveau des coûts, la BSC remporte encore une fois la manche en étant moins chère que sa concurrente.

Au niveau de la sécurité, Ethereum s’impose cependant, et ce, sans qu’il n’y ait véritablement matière à débat. En effet, Ethereum dispose de plus de 300 mille validateurs là ou BSC n’en utilise que 21, ce qui en fait d’ailleurs une blockchain qui n’est pas totalement décentralisée.

Envisager le trilemme de la scalabilité est un bon point de départ lorsqu’il s’agit de comparer deux blockchains. Ceci dit, quand elles sont si similaires, il peut être nécessaire d’approfondir la question. C’est ce que nous vous proposons dans la suite de cet article.

Binance Smart Chain vs Ethereum : comparaison point par point

Décentralisation

La décentralisation est un sujet qui réside au cœur de la technologie des blockchains, pour une bonne raison. En effet, sans celle-ci, la sécurité du réseau se retrouve menacée, et des transactions sans tiers de confiance ne peuvent être effectuées. Jusqu’à quel point est-il possible de décentraliser un réseau ? 

Plus le nombre de nœuds qui valident les transactions est élevé, plus le réseau est décentralisé.

Il est possible de quantifier cette décentralisation en utilisant un coefficient de Nakamoto. Cela est cependant plus facile à envisager qu’à réellement calculer. En effet, s’il est simple de déterminer le coefficient de Nakamoto de la BSC, qui ne dispose que de 21 validateurs, pour Ethereum, impossible pour l’instant de préciser quoi que ce soit : son nombre excessivement élevé de validateurs (plus de 300 mille !) rend la tâche impossible à l’heure actuelle.

Nous pouvons toutefois affirmer sans difficulté, même sans ce coefficient, que la BSC est encore loin d’atteindre les standards posés par Ethereum et de devenir une blockchain entièrement décentralisée.

Frais de transaction et débit

Maintenant que nous avons considéré le niveau de décentralisation des deux réseaux, il nous faut prendre en compte deux autres facteurs d’importance majeure : les frais de transaction et le débit.

Ethereum, avec ses 3000 dApps, affiche un petit débit de 15 transactions par seconde (TPS). Cela est considéré comme trop lent si nous comparons par exemple ce débit avec ceux d’acteurs traditionnels tels que Visa et Mastercard.

Beaucoup pensent que ce processus de transaction très lent mène à une congestion très forte pour le réseau, et est le facteur le plus limitant pour Ethereum, qui voudrait devenir un véritable ordinateur mondial. Ethereum, du fait de cette lenteur, requiert des frais de transaction très élevés qui peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars, ce qui rend son utilisation par les utilisateurs lambdas très difficile.

Malgré ce problème évident de scalabilité, la communauté de développeurs d’Ethereum refuse de sacrifier la sécurité et la décentralisation pour accéder à une meilleure vitesse d’exécution. Ils continuent plutôt de se consacrer à la transition d’un modèle de consensus de Preuve de travail vers un modèle de Preuve d’enjeu, ce qui devrait réduire la congestion et les frais de transaction.

La blockchain rivale d’Ethereum, la BSC, a choisi d’adopter une structure centralisée pour maintenir une bonne scalabilité en termes de débit et de frais de transaction réduits. La BSC peut gérer 300 TPS, et le coût moyen d’une transaction n’est que de quelques centimes.

Le taux de TPS de la BSC la place comme une opportunité en or pour les utilisateurs qui ne peuvent se permettre de payer les frais d’Ethereum.

La BSC offre aux utilisateurs des fonctionnalités de DeFi identiques à celles d’Ethereum en termes de composabilité et de yield, à moindre coût. Malheureusement, cela n’est possible qu’au détriment de la décentralisation.

Activité des développeurs

L’activité des développeurs est un très bon indicateur de la bonne santé et de l’attractivité d’un écosystème. 

Un rapport d’Electric Capital nous indique que l’écosystème du Web3 a attiré 34 000 nouveaux développeurs en 2021, dont 20% ont choisi Ethereum.

Ce rapport compare également le nombre de développeurs actifs sur la BSC et sur Ethereum entre décembre 2020 et décembre 2021, et confirme une supériorité claire pour Ethereum. Cela n’est pas étonnant, puisque la BSC commence à peine à se développer dans le domaine de l’utilité.

Vers mi octobre 2021, Changpeng “CZ” Zhao a décidé d’injecter 1 milliard de dollars dans l’écosystème de Binance pour encourager la formation de nouveaux talents et l’activité des développeurs. Malgré cet effort plus que généreux, la BSC n’affiche pour l’instant qu’à peine 250 développeurs actifs par mois en 2021.

En ce qui concerne la popularité auprès des développeurs, Ethereum bénéficie clairement de sa place de première arrivée sur le marché. Si nous considérons en plus de cela que la transition vers ETH 2.0 est en route, il est clair que la BSC aura du mal à attirer autant de développeurs que sa rivale.

Modèle de consensus

Les modèles de consensus jouent un rôle prépondérant dans la sécurité et la vitesse d’exécution d’une blockchain. La BSC utilise un modèle hybride entre la Preuve d’autorité (“Proof of Authority” ou “PoA”) et la Preuve d’enjeu déléguée (“Delegated Proof of Stake” ou “DPoS), que l’on appelle la Preuve d’enjeu d’autorité (“Proof of Staked Authority” ou “PoSA”). La BSC, qui combine l’algorithme de consensus basé sur la réputation de la Preuve d’autorité et le système de vote délégué de la Preuve d’enjeu d’autorité, peut proposer de très hauts débits et des frais de transaction faibles.

Le modèle de consensus “PoSA” est très facilement scalable, puisque seuls 21 validateurs sont nécessaires à son exécution. Pour cette même raison, la BSC est par contre vulnérable à des risques en termes de sécurité, tels que l’attaque à 51% et le piratage avec peu de validateurs.

Le nombre très bas de validateurs signifie également que les gardiens et les autorités centrales sont ceux qui prennent les décisions. Dans les environnements centralisés tels que ceux-ci, les chances de traitements injustes tels qu’une saisie des actifs ou une marginalisation sont élevées.

Le modèle de consensus d’Ethereum est quant à lui un sujet phare du moment, puisque l’intérêt pour ETH 2.0 est très présent. En résumé, ETH 2.0 représente la transition d’un modèle de Preuve de travail (“Proof of Work” ou “PoW”) vers un modèle de Preuve d’enjeu (“Proof of Stake” ou “PoS”). Le “PoS” est un modèle de consensus qui demande aux noeuds validateurs de verrouiller et/ou staker leurs actifs pour avoir une chance de produire des blocs et de confirmer des transactions sur le réseau. Si les validateurs se comportent de manière malintentionnée, ils risquent de perdre leurs actifs.

De plus, le modèle “PoS” ne pose aucunes limites de nombre de validateurs et rend donc le réseau moins vulnérable aux cyberattaques.

Ethereum utilise actuellement un modèle de consensus de Preuve de travail, un consensus très énergivore qui empêche une bonne scalablilité. La transition vers la Preuve d’enjeu devrait se faire au cours du deuxième trimestre de 2022, et cela devrait offrir une meilleure scalabilité et un meilleur débit aux utilisateurs d’Ethereum.

Par contre, en dépit de cette amélioration, il est peu probable qu’Ethereum puisse diminuer les frais et augmenter le débit aux niveaux de ceux du modèle centralisé “PoSA” de Binance.

Valeur totale verrouillée (TVL)

L’un des indicateurs utilisés pour mesurer la croissance d’un réseau est sa valeur totale verrouillée. Évidemment, il ne s’agit pas d’un indicateur stable, puisque les utilisateurs déplacent constamment de la valeur entre les réseaux. Pourtant, la TVL reste indicative de l’activité du réseau étudié.

Lorsque nous considérons les deux blockchains, nous nous apercevons qu’Ethereum domine l’écosystème de la DeFi avec 115,61 milliards de dollars de TVL répartis parmi différentes blockchains compatibles avec la machine virtuelle d’Ethereum. La BSC n’affiche que 12,71 milliards de dollars de TVL. 

Veuillez prendre en compte que ces chiffres correspondent aux TVL observées au moment de l’écriture de cet article, et qu’ils peuvent varier à l’heure où vous lirez ces lignes.

Distribution de la TVL pour ETH et BSC :

Distribution de la TVL pour ETH et la BSC

Un facteur clé qui explique la TVL impressionnante d’Ethereum est la possibilité d’utiliser plusieurs chaînes de “Layer 2” pour faciliter la liquidité et la composabilité. Ethereum dispose également de protocoles plus robustes et de plus de développeurs actifs au sein de son écosystème. Cela n’empêche pourtant pas BSC de faire mieux qu’Ethereum en termes de quantité de transactions.

Expérience utilisateur

La BSC, en tant que fork d’Ethereum, profite des avantages des outils de développement de cette dernière. Elle bénéficie également du solide réservoir d'utilisateurs de l’écosystème de Binance, qui lui permet d’attirer des développeurs de la DeFi en quête d’une plateforme moins chère. Même si la BSC est souvent critiquée, elle prouve que la plupart des utilisateurs ne tiennent pas tant que cela à une décentralisation poussée à l’extrême, surtout si celle-ci inclut de passer par des frais très élevés, comme cela est le cas sur Ethereum.

Les utilisateurs de la DeFi qui veulent obtenir les meilleurs yields ou prêter sur des plateformes publiques ont très souvent recours à la BSC pour avoir accès à ce qu’Ethereum était auparavant la seule à proposer.

Il est également très simple de transférer de la valeur depuis la BSC vers Ethereum, et ce, grâce aux “ponts” qui permettent aux utilisateurs de naviguer de chaîne en chaîne. Et ce n’est pas tout !

Beaucoup de plateformes d’échange centralisées et de protocoles ne permettent pas les transferts d’actifs non natifs, principalement du fait du manque de ressources d’intégration disponibles pour permettre la manipulation de tous les tokens mainnet existants. Ces plateformes peuvent cependant accepter la plupart des actifs de la BSC en acceptant les transferts de tokens BEP20. La BSC devient donc un moyen facile et bon marché de convertir les utilisateurs à l’utilisation de l’écosystème de la DeFi et met à disposition de Binance un système automatique pour répondre à la demande de cryptoactifs natifs.

La Binance Smart Chain remplacera-t-elle bientôt Ethereum ?

Ethereum et la BSC sont deux blockchains de “Layer 1” qui s’affrontent dans une lutte pour déterminer qui sera la plus robuste sur la durée.

Ethereum, qui est la première plateforme de contrats intelligents avec effet de réseau qui soutient des solutions de scaling telles que Polygon, Arbitrum et Optimism, est pour l’instant clairement en tête en termes d’innovation. Pour la BSC, il ne s’agit désormais plus de copier coller des solutions : il faut également innover.

Pour démontrer qu’un désir d’innovation est désormais bien présent derrière la BSC, celle-ci a été renommée la BNB Chain, un acronyme qui signifie “Build and Build” en anglais (que l’on pourrait traduire par “construire et construire” ou “développer et développer”, dans le cas d’applications).

À l’avenir nous aurons probablement recours à des blockchains hybrides, à mi-chemin entre la BSC et Ethereum, qui seront interopérables et permettront aux utilisateurs de bénéficier de ce trait.

Nous sommes très impatients de voir ce que l’avenir nous réserve à cet égard, et vous ? Dites-nous ce que vous en pensez sur Twitter !

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